Les-Aeriennes

Les-Aeriennes

Soir dansé

Miele dansait, ce soir-là, Noémie dessinait sur son corps des lignes qui n'en finissaient plus et le violoncelle chantait du Bach, je crois.

 

Je veux attraper l'étoile, dit la danseuse. Je veux embrasser le vent.  Je ne veux pas jouer à être, je veux me mettre en jeu pour vous.

Chat. Chute. Sol. Bondir. Espace.

La danse est l'espace de soi transformé.

Jaillir de soi en soi, faire chanter le sol, l'accrocher au ciel, n'avoir rien d'autre à coeur que raconter cette étrange affaire, être né dans l'espace qui s'étire à l'horizon, faire soi cette chair qui n'est rien moins qu'un instrument, qui est musique.

La danseuse bondit pour nous, poliment vissés sur nos sièges, elle a l'insolence du chat qui nous regarde, l'oeil en coin, avant de dégringoler les mètres qui le séparaient du sol.

Essaie un peu, pour voir.

Chat. Chute. Sol. Bondir. Espace.

Avons-nous oublié ce qu'était notre corps ?

Je suis née du torrent, dit la danseuse. Je m'érige à hauteur des montagnes. Je lèche le ciel, allez, j'ai le goût des nuages dans la bouche, et ça vaut bien un éclat de lumière.

Il faut étreindre sa liberté, ne renoncer à rien, surtout pas à l'instant, qui donne tout dès qu'il vient à être.

Défroissons le moment et offrons-nous un rire.

Chat. Chute. Sol. Musique. Espace.

 

 



17/11/2013
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